Villa Orphée Étretat

Littérature à Etretat

Ancien petit port de pêche bercé par la Manche, le village d’Etretat s’est métamorphosé dès le XIXème siècle en une station balnéaire prisée. Ses falaises de craie blanche et son aiguille à l’aplomb d’un horizon marin sans fin ont toujours séduit les hommes et fasciné les écrivains. Lieu d’action d’une littérature abondante, Etretat a noircit bien des pages. De Maupassant à Duteurte, synopsis d’un village de tous les mots.

 Un site à la géologie impressionnante. Creusées d’abord par une rivière souterraine puis rongées par l’érosion, les trois portes d’Etretat font sa singularité, trois mastodontes de craie emporte-piècées dans les falaises. La porte d’Aval et son aiguille, la porte d’Amont et la Manneporte, pareilles à des gardiens silencieux, témoins des siècles et de la facétie du temps. Ce particularisme géologique a naturellement nourrit la plume de nombreux romanciers dont Flaubert et Maupassant. Dans une lettre datée du 3 novembre 1877 Guy de Maupassant, natif d’Etretat, décrivait déjà le site à Gustave Flaubert pour les besoins de la rédaction de Bouvard et Pécuchet. Dans son roman « Une vie », il comparait ensuite la porte d’Amont à un « éléphant énorme enfonçant sa trompe dans les flots » puis la porte d’Aval à « deux jambes de la falaise marchant dans la mer, hautes à servir d’arche à des navires ». Etretat si chère à son cœur, Maupassant y placera également l’action de deux de ses nouvelles, « Le Modèle » et « La roche aux Guillemots ». En véritable amoureux, il l’apprécie davantage loin du tourisme balnéaire, en arrière-saison, lorsque la rudesse du climat jette sur le village un voile d’authenticité rendant à la nature sa beauté originelle.

Dans la littérature contemporaine, Etretat devient le point de départ de l’action du roman « Falaises » d’Olivier Adam. Dans «Les pieds dans l’eau », Benoit Dutreutre, arrière petit-fils du président René Coty raconte ses souvenirs d’enfance dans la station balnéaire avec une description pleine d’humour du galet d’Etretat. Le « roi incontesté du galet normand » est si parfaitement aligné sur la plage « qu’on en vient à se demander si de mystérieuses brigades ne se chargent pas, depuis la nuit des temps, de les ranger en éliminant les suspects, les irréguliers, les vulgaires, pour ne laisser ici que la quintessence ».

Falaises et galets, portes et aiguille caressées par une mer aux flots incessants, Etretat alimente depuis toujours l’imaginaire des auteurs qui couchent son histoire sur papier. Dans le parc du Donjon, un livre à la main, profitez d’un moment de détente pour dévorer  l’hommage que la littérature lui a rendu.